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INTERVIEW DE NATHALIE LANZI




 lanzi 2016r L’Affût avril-mai-juin 2016
Région : quelles orientations pour la culture ? interview de Nathalie Lanzi


Vous êtes vice-présidente de la Jeunesse, du sport, de la culture et du patrimoine au sein du Conseil régional Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, vous êtes également membre de la commission 7 qui comprend la culture, entre autres. En quoi consiste votre rôle ?

Mon rôle est de participer à cette commission, bien sûr, mais aussi de toujours aiguiller et expliquer la politique en faveur de la culture du Président Alain Rousset. Il ne s'agit pas de contrôle mais de jouer le rôle d'experte et de rappeler toujours les grands axes de la politique du Président.

La commission 7 est en train de se mettre en place. Comment va-t-elle fonctionner, qui va en assurer la présidence ?

Katia Bourdin a été élue présidente de la commission, et Anne Gérard en assurera la vice-présidence.
Les commissions vont jouer un rôle nouveau lors de cette mandature. Elles émettent principalement un avis consultatif sur les délibérations présentées en séance plénière dans le périmètre défini de chacune d’entre elles.
Mais Alain Rousset a souhaité dorénavant que les commissions puissent proposer, chaque année, une thématique sur laquelle elles mèneront un travail de veille visant à identifier les tendances nationales ou internationales, les initiatives et nouvelles problématiques locales, conduisant à la remise d’un rapport.
Les commissions devront également mettre en œuvre un calendrier d’auditions de personnalités ou organismes extérieurs sur des sujets d’actualité en lien avec les politiques régionales et en coordonner les travaux.

Des délégations ont été confiées aux conseillers régionaux. Pourriez-vous nous éclairer sur celle confiée à Éric Correia : économie créative, innovation et droits culturels ?

Alain Rousset a en effet souhaité confier à Éric Correia, sous ma responsabilité, une délégation qui couvre les droits culturels. Ce nouveau référentiel de droits culturels utilisé par l'Unesco consiste à prendre en compte et à garantir la pluralité des identités culturelles des citoyens, leur liberté d'expression artistique, et leur droit à pouvoir s'exprimer, à créer et à diffuser les œuvres dans la langue de leur choix. C’est aussi garantir, dans le respect de l’équité territoriale, l’égal accès des personnes à la diversité des expressions artistiques sur l’ensemble du territoire de la grande région.
Si l’Aquitaine a été la première région à avoir élaboré et signé des conventions avec les trois établissements publics du ministère de la Culture, dans le champ des industries culturelles et créatives : Convention de coopération cinématographique et audiovisuelle avec le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Contrat de filière du Livre avec le Centre national du livre (CNL), et Convention de préfiguration du Contrat de filière musique avec le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV).
Alain Rousset souhaite que la région opère les mutations socio-économiques de ces secteurs en élaborant et signant à l’échelle du nouveau territoire les trois contrats de filière, démontrant ainsi notre capacité à expérimenter en plein accord avec les acteurs de l’écosystème créatif.

Des groupes inter-assemblées (GIA) ont été créés – le GIA 3 est dédié à la culture, au patrimoine et aux identités régionales. Quel est le rôle de ces groupes ?

Il s'agit avec le CESER qui sert d'aiguillon de donner un avis sur les projets culturels de délibérations passant en commission permanente dans notre champ de compétence, dans l'intérêt de tous les habitants et habitantes de la grande région.

La création d’une Conférence territoriale Culture a été annoncée. Comment sera-t-elle organisée, avec qui, et quelle sera son champ d’action ?

Cette grande conférence territoriale a pour objectif de travailler avec tous les acteurs du secteur culturel sur différentes problématiques inhérentes aux filières. Une première conférence de préfiguration sera bientôt organisée en juin.
L’article 103 de la Loi NOTRe indique que « la responsabilité en matière culturelle est exercée conjointement par les collectivités territoriales et l’État dans le respect des droits culturels énoncés par la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005 ».
Nous organiserons ainsi, par cette conférence permanente le dialogue et la concertation entre l’État, l’ensemble des collectivités territoriales concernées, les acteurs culturels désignés par leurs pairs (réseaux et fédérations), afin de co-construire les nouvelles politiques culturelles du territoire. Par une gouvernance innovante, nous aurons à repenser les enjeux des filières culturelles à l’échelle de la nouvelle région.

Le budget culture résulte du cumul des trois budgets des anciennes régions, soit 70 millions d’euros. D’ores et déjà, y a-t-il des grands principes pour redéployer ce budget ?

Ce budget, comme l'a voulu le président Alain Rousset, sera sanctuarisé et il n'est pas question de réduire les projets mais de les réorienter à l’échelle de la grande région. Je vais donc continuer à rencontrer tous les acteurs culturels en lien avec les services de la culture.
Nous nous sommes engagés, malgré un budget contraint à maintenir les crédits culture et patrimoine sur la durée de la mandature, mais cela doit s’accompagner de l’élaboration de nouvelles politiques culturelles, en définissant des priorités d’interventions claires positionnant notre région comme un partenaire stratégique.
Nous devrons accompagner la mutation des modèles économiques de la culture par l’hybridation des financements et la mobilisation des programmes structurels européens FEDER-FSE, dont la Région est autorité de gestion depuis le 1er janvier 2015.

De la même manière, y a-t-il des principes généraux d’harmonisation ? Avez-vous une idée sur la place que va occuper le spectacle vivant au sein des politiques publiques de la Région ?

Il n’y a pas de principe d'harmonisation mais une volonté de voir ce que nous avons en commun pour retenir les dispositifs les plus pertinents des précédentes politiques culturelles afin de repartir sur des projets nouveaux. C'est l'an Un de la nouvelle région.
La mise en œuvre d’une harmonisation équitable et adaptée des règlements d’interventions est une priorité en ce début de mandat, notamment nos dispositifs de soutien à la création contemporaine du spectacle vivant et des arts visuels, et des manifestations, tout en garantissant le respect de la diversité culturelle et sécurisant le soutien aux expérimentations artistiques.
L’élaboration d’une politique concertée d’éducation artistique et culturelle, en partenariat avec la DRAC et les Rectorats, en assurant la mutation du dispositif d’animateur culturel dans les lycées, constituera là aussi un enjeu essentiel.
Notre nouvelle région dispose d’un patrimoine naturel, historique et culturel exceptionnel et diversifié, il nous faudra alors harmoniser les règlements d’interventions sur le patrimoine protégé au titre des monuments historiques, en conservant les trois maillons de la chaîne patrimoniale « connaissance, restauration et médiation grand public », facteur de dynamisme du développement économique (restauration et tourisme).

Tous ces acteurs culturels sont préoccupés par le maintien d’un maillage culturel au plus près des habitants de cette grande région. Imaginez-vous déjà un aménagement particulier ?

Imaginer notre nouvelle Région, comme une terre d’humanisme, c’est revendiquer le respect de la diversité culturelle et linguistique. C’est aussi soutenir la créativité des territoires, de tous les territoires !
Protéger la jeunesse et promouvoir la liberté d’expression artistique et de création est devenu un impératif d’éthique publique.
La culture est bien ce ciment social de notre politique et donc un acteur de l'aménagement du territoire si cher au président, la culture comme le sport interviennent de manière transversale dans toutes les politiques et seront au cœur de nos préoccupations.
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